L’Eglise Saint-Martin

Eglise vue du Nord-OuestClassée monument historique, elle est placée sous le patronage de St Martin de Tours, qui donna la moitié de son manteau à un pauvre, aux portes d’Amiens.

Elle est construite en pierre blanche : le chœur et le transept sont de style gothique flamboyant du XVème, la nef et les bas-côtés de style renaissance du XVIème (époque François 1er), le clocher et la tour carrée, également du XVIème.

Ce clocher était surmonté d’une flèche qui fut, sans doute, abattue par la foudre.

 

L’église était décorée grâce aux dons provenant des richesses amassées par les armateurs de l’époque.

 

Les vitraux

II y a de très beaux vitraux du XVIème et XVIIème siècle. Ils représentent des scènes de la vie maritime, de chasse, avec St Hubert, patron des chasseurs, et des épisodes de la vie religieuse.

  • Dans le chœur un vitrail de St Martin,
  • Dans la branche nord du trans­ept, un vaisseau normand du XVème avec l’armateur et sa famille,
  • Dans le bras du transept sud. St Clément patron des marins de Vatteville-la-Rue

 

La litre funéraire

St martin

  • La litre est le bandeau funéraire du XVIIIème siècle, de la famille Nagu. Elle court autour de la nef et, chose rarissime, à l’extérieur de l’église.
  • Les litres étaient le privilège des nobles. Après leur mort, leurs armoiries étaient peintes sur un bandeau noir en signe de deuil.
  • Ce droit a été aboli à la révolution.
  • Les armoiries de la famille du der­nier seigneur, Chartes-Gabriel Nagu, disparu en 1777, ont été conservées et sont encore visibles

 

La statuaire

  • Bras du transept sud : statue de St Clément, en bois polychrome du XVIIIème,
  • Bras du transept nord : une Piéta,
  • Dans le chœur, une charité de St Martin, en pierre polychrome du XVIIème, classée depuis le 28 Avril 1994.

 

Les Ex-Voto Marins Suspendus

Ex-Voto : expression d’une demande de protection, auprès de l’église ou de ses saints, contre les dangers de la Seine et les incertitudes de la mer.

  • Une ancre marine en bois du XlVème siècle.
  • Une maquette du navire le « St Clément » armé de 54 canons.
  • Une bouée du « Formigny », offerte par ses marins, après son échouage devant Vatteville.

Les graffiti

Graffiti

Les murs de l’église témoignent de l’important passé maritime de Vatteville.

Avant leur départ en mer, les marins gravaient dans la pierre, à l’intérieur ou à l’extérieur, des esquisses de bateaux de haute mer ou de cabotage destinés à la pêche, au commerce, ou à la course.

Ces dessins sont appelés « graffiti » et datent du XVIème siècle .

Ils ont fait l’objet d’une importante recherche de la part de Mme Anne-Sophie AUGER-SERGENT :

  • – « Les graffiti marins en Normandie (XIIIe-XIXe siècles) », Thèse de Doctorat en Art et Archéologie préparée sous la direction de L. PRESSOUYRE, Université de Paris I, 1991.
  • –  » Le passé maritime et fluvial de Vatteville-la-Rue », Cahier Havrais de Recherche Historique, n°57, 1998, pp. 99-110.

 

Le cimetière

Derrière l’église, à gauche, reposent trois Anglais depuis le 25 Août 1944.

Deux étaient des parachutistes britanniques (8th Bn., The Parachute Regiment, A.A.C.) : le sergent Charles Rutherford McILHARGEY (3244339, 29 ans, de Langport, Somerset.) et le soldat Robert BOX (3600902, 25 ans, de Harraby, Carlisle) ; ils furent assassinés à Vatteville lors de la retraite allemande.

Ils avaient été largués dans la nuit du 5 au 6 Juin 1944, au-dessus de Touffreville, entre Caen et Troarn, à l’arrière des troupes allemandes. Blessés lors de la bataille de Beuzeville, ils furent fait prisonniers. Emmenés à Vatteville, ils furent détenus dans la maison des sœurs Massieu, actuellement occupée par Mr Augier, maison située dans « La rue ». Mais en partant, les allemands, embarrassés par ces deux prisonniers, les fusillèrent.

Peu de temps après, le corps d’un autre soldat allié, écossais, est repêché en Seine : Trevor MORGAN , Caporal du 2nd Bataillon des «South Wales Borderers» engagé dans la bataille du Havre des 2 et 3 septembre 1944 (4078824, 26 ans, de Llanhilleth, Monmouthshire). Il repose ici à côté de ses camarades.

Le 12 Novembre 1998, le sergent Eaglen est venu se recueillir sur leurs tombes. Puis, le 4 Juin 2003, la fille du sergent McIlhargey, accompagnée de sa famille et des vétérans du 8ème bataillon de parachutistes, se sont également recueillis dans le cimetière ; ce fut un grand moment d’émotion. Tous les ans, le 8 Mai, la commune de Vatteville fleurit les trois tombes, marquant sa reconnaissance et son respect pour ces trois combattants.

 

 

Particularité (spécifique à Vatteville)

Autrefois, les morts, dans la tombe, étaient orientés face au soleil levant. Mais les monuments funéraires étaient érigés face au calvaire (à l’opposé de la disposition des corps). Quelques familles voulurent changer ce fait et, désormais, les corps dans les tombeaux sont inhumés dans l’autre sens.

source : Le Patrimoine de … Vatteville la Rue, février 2006